jeudi 21 janvier 2016

Précisions sur Deschapelles et le whist(e)


M.Philippe Bodard, spécialiste de l'histoire du bridge (et du whist) m'a envoyé quelques corrections relatives à ce personnage fascinant qu'est Deschapelles.
Je l'en remercie et je m'empresse de vous en faire part.

Le seul portrait de Deschapelles connu à ce jour.
Extrait de la couverture du livre Alexandre Honoré Deschapelles: The French king of chess


1) Le Traité du Whiste n'est pas de 1840 mais de 1839. La 1ère édition parait chez Furne qui cède tout son stock à Perrotin en 1840. Les 2 éditions sont donc absolument identiques.

 Photo du livre de Deschapelles dans son édition de 1840

2) Ce n'est pas Deschapelles qui est à l'origine du mot "Whiste" (1839) : il a certes tenté d'imposer cette orthographe parmi les 10 autres (!!!) que l'on peut trouver du mot whist à la même époque (1800/1830). Dès 1827, Lebrun dans son "Manuel des jeux de calcul ou de hasard" paru dans la fameuse collection Roret, et ayant fait l'objet de nombreuses éditions, Lebrun donc n'utilise que le vocable "Whiste", et il est le seul dans la littérature technique du whist, hormis plus tard Deschapelles.

Complément de JO Leconte : Deschapelles reprend à son compte le mot whiste (avec un "e" final).

"(...) Deschapelles est l’auteur du Traité du jeu de Whist, fort savant, trop savant même, car il n’est pas toujours facile à comprendre, même pour les personnes qui connaissent bien ce jeu. Les expressions y sont d’ailleurs un peu trop cherchées. Je ne sais si c’est par patriotisme, mais il a voulu, dans son traité, franciser les termes du jeu anglais, en écrivant, par exemple, whiste au lieu de whist, ombogue, au lieu de humbug, mot assez vulgaire, qui se traduirait aujourd’hui par blague. "

L’intermédiaire des chercheurs et des curieux – 10 mai 1875 – Article sur Deschapelles signé par J.Bruton 


3) Enfin, mais la preuve absolue n'a pas encore été trouvée, et on peut donc continuer (!) avec cette légende, il est douteux que le coup Deschapelles (au whist, repris au bridge) soit de lui car Deschapelles n'a laissé aucune note à ce sujet. D'après mes recherches, ce "coup" n'apparait qu'en 1889 aux USA à l'initiative de Pettes, un auteur américain, grand idolâtre de Deschapelles, qui dirigeait du reste le fameux "Deschapelles Club" de Boston.

mardi 12 janvier 2016

Chapitre 16 – Musset à la Régence

Contenu du chapitre 16

Arrivée au Café de la Régence – Musset ami de Jules Grévy – Un terrible cocktail de son invention – Un Dandy magnifique mais dipsomane – En février 1848 à la Régence – Joueur de Whist – Joueur d’échecs plein de panache – Le problème des deux cavaliers – Alfred de Musset passe son temps au Café de la Régence – Au nouveau Café de la Régence – Décès – La statue de Musset – Une dernière anecdote

Alfred de Musset au Café de la Régence 
"Du coin de mon feu à Alfred de Musset" par Ernest Petit 
Il s'agit d'un petit fascicule de quelques pages, publié en 1906, décrivant Musset au Café de la Régence et donnant un poème d'Ernest Petit écrit en 1856.

Alfred de Musset était un inconditionnel du Café de la Régence et un véritable passionné du jeu d'échecs. Deux exemples pour illustrer ce propos.

Tout d'abord le très célèbre problème des deux cavaliers publié dans La Régence en février 1849.


Ensuite un petit détail publié en 1838 dans Le Palamède, alors sous la direction de La Bourdonnais.

Nous y apprenons qu'Alfred de Musset a joué lors d'une séance à l'aveugle donnée par La Bourdonnais. Malheureusement la partie est inconnue à ce jour.